L’autorité fait bien quand elle s’établit en dehors de toute émotion en soi, quand elle recherche le bien de la communauté, et quand elle induit une distance respectueuse, reconnue et adaptée sur les personnes auprès desquelles elle s’exerce. L’autorité ne saurait être acceptée par des êtres libres qui n’en percevraient pas les bienfaits pour eux-mêmes ou pour la collectivité.
Le Règlement Intérieur, émanation de la loi française votée démocratiquement, est la transcription du cadre dans lequel s’exerce l’autorité du professeur. Il ne suffit pas pourtant d’affirmer cela aux élèves pour que cette autorité puisse s’exercer (même s’il est nécessaire d’en donner l’explication dans le cadre de la formation à la citoyenneté).
Le professeur doit adopter une attitude ferme mais bienveillante, très déterminée sur les objectifs à atteindre. Le recours à une autorité que je qualifie d’urgence n'existe dans des situations de grande nécessité : rupture grave du contrat éducatif, ou extrême insécurité, atteinte aux personnes.
Le professeur s’emploie à mettre en place des procédures de fonctionnement conduisant sereinement à la réalisation des objectifs, toujours dans l’anticipation et la compréhension. Il assure les règles de vie en classe et pour partie hors la classe, fondements de la construction des élèves adolescents.
Pour conclure, j’affirme que par l’exercice de l’autorité, le professeur tente de canaliser les énergies vers une issue positive. L’autorité est alors vertueuse car libératrice.
Actions :
- Partager ses difficultés avec l’équipe éducative. Trouver des solutions ensemble.
- Affirmer très fermement ce qui n’est pas négociable : respect des personnes, respect des lieux, respect de soi-même (parole donnée, engagements, etc., pour le professeur et pour ses élèves), dignité du devoir de l'enfant citoyen (engagement pour tirer au mieux profit, par sa participation sincère, du formidable cadeau qui lui est consenti par les habitants de la France à travers les impôts et taxes acquittés, à savoir un accès gratuit (pour lui-même et sa famille) à une éducation laïque, de bonne qualité, dans des conditions confortables.
- N’avoir que des exigences strictement réalisables, les demander très clairement, être très ferme sur ces points.
- Choisir des procédures de fonctionnement qui permettent structurellement le fonctionnement sans pression inacceptable.
- Eviter les situations de dérogation alors même qu’est recherchée l’adaptation aux situations.
- Gommer, dans l’évaluation, toute forme de violence liée à son caractère définitif et proscrire toute assimilation de la personne à son travail du moment.
- Gérer le rythme des séquences : du calme au retour au calme en passant par des phases plus intenses. Accepter sur les temps de travaux de groupe un désordre contrôlé qui libère la coopération.
- Entendre les élèves. Adapter dans la mesure du possible, sinon expliquer.
- Prévoir des temps de communication pour analyser ce qui a été fait afin de donner des perspectives.